ISDI du ChauvillyPays de Gex
Toutes les actualités

25 juillet 2026 · 3 min de lecture

ISDI, carrière, gravière : pourquoi ce ne sont pas les mêmes chantiers

Le mot « carrière » revient souvent à propos du Chauvilly. Une carrière prélève la ressource du sol pour la vendre. Le projet fait l'inverse : il reçoit des terres et remet le site en état.

Tas de terres et de cailloux inertes, sans extraction ni concassage
Illustration.

Autour du projet du Chauvilly, un mot circule : « carrière ». Il est parlant, mais il désigne exactement l'inverse de ce qui est prévu. Une carrière ouvre le sol pour en extraire une ressource, du sable, de la roche, du gravier, qu'elle vend ensuite. Une gravière fait la même chose avec les alluvions. Dans les deux cas, on prélève, on creuse, on emporte.

Une installation de stockage de déchets inertes, une ISDI, fonctionne dans l'autre sens. Elle ne sort rien du sol : elle reçoit des terres et des cailloux déjà excavés sur les chantiers du Pays de Gex, les dépose sur un site défini, puis le remet en état. Rien n'est extrait, rien n'est vendu, rien ne quitte le terrain comme matière première.

Ce qu'une carrière fait, et que le Chauvilly ne fait pas

Pas d'extraction de granulats, pas de tir de mine, pas d'unité de concassage pour produire des matériaux à commercialiser. Sur l'emplacement de l'ancienne décharge, le dossier interdit même tout creusement : uniquement du recouvrement, pour ne pas toucher aux étanchéités en place. Le site n'est pas exploité pour ce qu'on lui prend, mais géré pour ce qu'on y remet.

Ce qui entre est encadré par la réglementation des déchets inertes et les seuils de l'arrêté du 12 décembre 2014 : uniquement des terres et cailloux, contrôlés à l'entrée, sans ordures, sans amiante, sans gravats de démolition.

Un site qui se referme, pas qui s'ouvre

La différence se voit aussi dans le temps. Une carrière s'agrandit à mesure qu'elle extrait. Au Chauvilly, c'est l'inverse : chaque tranche déposée est recouverte de terre végétale et revégétalisée pendant que la suivante s'ouvre, jusqu'à une plaine rendue à la nature. Le programme est chiffré dans l'étude d'impact, mares, haies et prairies à l'appui.

Le passé industriel du lieu est réel, et le dossier ne l'efface pas. Mais lui coller le mot « carrière » décrit une opération qui n'a pas lieu. C'est une confusion que les documents publics de l'enquête permettent de lever, pièce par pièce.

Sources : Tome 2 du dossier d'enquête (définition et régime de l'ISDI) · Arrêté ministériel du 12 décembre 2014 (déchets inertes admissibles) · Tome 3, étude d'impact (programme de remise en état) · Tome 0, résumé non technique. Tous les documents cités sont consultables sur le registre officiel de l'enquête.

Dix minutes pour peser dans la décision.

L'enquête publique est le moment où chacun peut s'exprimer, pour ou contre. C'est sur ces contributions que le commissaire enquêteur bâtit son rapport, avant la décision du préfet.